Pourquoi la suisse est-elle considérée comme un pays riche ?

Malgré le fait qu’elle n’ait aucun accès maritime ni aucune ressource naturelle, la Suisse se compte parmi les économies les plus prospères au monde. L’excellente qualité de son capital humain, ainsi qu’une politique économique axée sur la stabilité comptent parmi les atouts suisses. Plusieurs facteurs exogènes ont eu également un effet particulièrement favorable dans la réussite économique de ce pays. Il s’agit d’une paix permanente, de la croissance de ses grands voisins à partir de 1945 et de la structure économique héritée du XIXe siècle.

La Suisse : un pays apparemment riche

La Suisse est considérée comme un pays riche parce que son produit intérieur brut par habitant est de 50 000 dollars. Ce qui le place au meilleur rang du classement mondial. Il faut dire qu’environ 10 % de la population suisse possède une fortune supérieure à un million de dollars. Seuls le Koweït le Singapour et le Qatar dépassent un tel montant. Notez également que cette richesse monétaire est répartie de manière plus égale que dans d’autres pays grâce à une assurance vieillesse basée sur l’épargne plutôt que sur la redistribution.

En outre, le pays possède par habitant plus de grandes entreprises d’envergure planétaire qui disposent d’un patrimoine énorme à l’étranger que d’autres Etats. Il faut également souligner le fait que la Suisse a rattrapé en matière de stabilité, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas entre la fin du XIXe siècle et la première guerre mondiale. En effet, ce rattrapage, en particulier l’industrie pharmaceutique et chimique, celle des machines et des produits a été possible grâce à l’économie « réelle ».

Ce qui fait de la Suisse un pays apparemment riche, ce sont aussi les facteurs que l’étude « Where is the Wealth of Nations » de la Banque mondiale nomme. Il s’agit du capital naturel, c’est-à-dire le paysage et les matières premières. Il y a aussi le capital productif (bâtiments, installations et infrastructures). Le capital immatériel notamment la formation, la conduite politique, le système juridique et la qualité des autorités est également l’un de ces facteurs.

La Suisse a une richesse encore plus spécifique que la beauté de la nature qui se trouve dans la diversité linguistique, religieuse et culturelle. Ces facteurs qui existent sur un très petit espace, placent le « vivre ensemble » dans un défi permanent tout en enrichissant le pays.

De même, il faut citer l’interaction de traits de caractère pris par l’ensemble des citoyens suisses. La ponctualité, l’amour de l’ordre, la précision, la discrétion, la fiabilité, la propreté, la recherche de la qualité et le sens de la tradition font aussi que la Suisse est considérée comme un pays riche.

Il faut aussi ajouter l’infrastructure remarquablement bien développée dans le pays. Elle fait généralement fi du spéculaire architectural, mais fonctionne et se laisse entretenir à des coûts raisonnables. À l’étranger, de nombreux objets de prestige se délitent sous l’action de la rouille. La parcimonie de la Suisse amène les investissements à tenir généralement compte du « pire », c’est-à-dire des coûts d’exploitation qu’il va falloir assumer chaque année. Il faut construire ce qui peut être entretenu. Ce qui confère à la fortune suisse une solide durabilité et fait qu’elle est considérée comme un pays riche.

La croissance économique suisse grâce à la paix

Durant les 90 dernières années, la Suisse n’a jamais été envahie. Il est vrai que la chance a joué un grand rôle. La Suisse est entrée après les deux guerres mondiales sur les marchés mondiaux avec un appareil productif intact. Cette paix chanceuse a été au XXe siècle un critère important de la croissance spectaculaire de la gestion de fortune.

Déjà avant l’introduction du secret bancaire en 1935 à la fin des années 20, la Suisse était le leader de la gestion de fortune en Europe. La stabilité économique et politique d’une Suisse épargnée par les deux guerres a été déterminante.

La Suisse à la remorque des grands voisins

Il faut souligner que la Suisse, qui a une économie nationale ouverte, mais de faible ampleur, est entourée de voisins économiquement puissants. L’un de ces derniers est indubitablement l’Allemagne qui a connu après la seconde guerre mondiale, une sorte de renaissance. La demande venant de la France a aussi stimulé, après la seconde guerre mondiale, l’industrie exportatrice suisse.

Le tourisme et les activités financières ont également profité de la prospérité croissante des grands voisins de la Suisse. A cela s’ajoute l’immigration d’ingénieurs et de scientifiques. Celle-ci a permis de résoudre le problème de la relève indigène qui était trop modeste dans les domaines où la Suisse excelle. Les grandes entreprises de l’industrie des machines n’auraient pas pu se développer de la sorte sans spécialistes venus de l’étranger.